Compte rendu colloque medtrix 2018

By | 21 avril 2018

Richard Sabatié  qui a participé et assisté au colloque Medtrix 2018 “La Méditerranée, une mer sous surveillance” nous livre un rapide compte rendu des différentes interventions.:

– Introduction de Pierre Boissery qui pose la question “acquérir des sommes d’infos, possible…, mais on en fait quoi ensuite ??

– d’après Gwenaelle Delaruelle, il y aurait 30 projets sur le plateforme (1300 utilisateurs). Elle passe en revue les différents projets et annonce une nouvelle version pour Donia cet été …sites de plongées, mouillages, réglementation etc… Il sera possible de charger sa propre carte géographique et d’y coller les infos désirées

– Frans Jorissen présente un exposé précis, peut-être trop pointu… les foraminifères sont des bioindicateurs de la qualité de l’eau.

– Michèle Leduc présente les différents réseaux en cours dans la baie de Calvi: ceux-ci sont coordonnés par la station de recherche sous-marine et océanographique (Stareso) ; impact de l’ancrage sur les herbiers de posidonies (StarecapMed).

– Nardo Vicente, vieux prof sympathique passionné depuis longtemps des nacres (peuvent vivre 40 ans) dont il référence un peu partout (avec difficultés!) les populations à préserver. Les grandes nacres sont décimées en Médit-occidentale parfois à 100% depuis 2016 par un Haplosporidé parasite du TD ; il a exposé ses dernières actions de protection et d’aquaculture. J’ai discuté avec lui du site marocain de la Mar Chica , où les pêcheurs dans la lagune détruisaient les nacres qui coupaient leur filet !!

– La méditerranée: une mer sous surveillance: plongées bouteilles profondes (>100m) sur des sites secrets de la Méditerranée où le film en 3D dévoile de magnifiques ambiances sous-marines avec une biodiversité spectaculaire.

– Laurent Ballesta  partage de magnifiques photos comme il sait faire… et on était à ses côtés pendant son exposé très vivant ; 700 requins (comptés) dans une passe de Polynésie venant se régaler de gros mérous patates en pleine reproduction (des milliers et des centaines formant un tapis moucheté sur les photos).

– Lors d’un très bon buffet… j’ai discuté surtout avec P. Thiriet du MNHN qui peut nous aider à définir de bons protocoles d’observation!

Cette cession parle des améliorations de Medtrix ; nouveau projet d’indicateurs d’esthétisme, de paysages sous-marins avec photo en HD ; parle également du projet photogrammétrie dédié à la surveillance des habitats.

– Cedric Gervaise  présente le réseau CALME: le labo travaille sur les aspects de Biophonie et d’anthropophonie = écologie acoustique avec des gliders pour scanner les sons …le moindre son est repéré ; très impressionnant ; permet par exemple de comparer, par la biodiversité acoustique émise, l’efficacité d’un récif artificiel et celle du milieu naturel proche. Prochainement le niveau de biophonie des communautés de poissons sera comparée entre milieu naturel et AMP !

–  Jérôme Bourjea fait un exposé sur les perspectives de développement en matière d’observation en Méditerranée:

  • recherche de l’ADN environnemental, mais dégradé en 2-3 h ; échantillonné dans l’eau et le sédiment : permet d’inventorier la biodiversité et même l’abondance spécifique
  • élaboration de balises low cost (réseau POPSTAR) fixées sur Tortues et requin Peau bleue
  • recherches sur la bioélectricité des poissons ; la bioimpédance est le reflet des conditions physiologiques du poisson et des fonctions en cours (croissance-reprod…)
  • reseau SBTAG : pinger+ balises ; travaux sur les daurades et loups de l’étang du Prevost ; déplacements en fonction du vent (loups) ou de la température (daurades)
  • pinger sur cœur du poisson et physiologie
  • signal colorimétrique du poisson = état de santé ? ; daurade et carotéoides… (croissant jaune et le rose des opercules) : les pigments expriment le niveau de stress ou de la qualité de l’environnement pour le poisson ; testé entre 10 lagunes et des différences marquées
  • projet DYRECO : un pot à poulpes équipé de capteurs : indice de présence absence et état du stock
  • projet SBTAG : des GOPRO bidouillées pour 72h possible d’images ; connaissance des assemblages de poissons avec camera fixes et/ou rotatives (3 rot/9mn)
  • projet STAVIRO ; 20-25 stations suivies/j pour couverture spatiale ; 3 relevés /station/j ; calculs d’indicateurs d’assemblage des poissons
  • Projet GALION, PAGURE2 ; outils d’analyse d’images
  • caméra embarquée sur Tortues sur l’ile d’Europa… infos sur alim, rythme respiratoire etc.

– Anne-Sophie Tribot (CNRS UMR MARBEC) « Esthétique et biodiversité des récifs coralligènes »:

  • qu’est-ce que le beau? … valeur affective, sensation de plaisir vs  laideur, peur, rejet, dégoût ; quelle échelle de perception ?
  • traduit un bon état de santé ; la biodiversité a-t-elle une valeur esthétique ?
  • si oui calcul d’indices de biodiversité en fonction de scores esthétiques portés sur des coraux en Médit (projet ReCor) ;
  • infos prises sur 3 photos : le logiciel CPCe prends 64 pts aléatoires pour discriminer la biodiversité et la richesse fonctionnelle
  • la biodiversité augmente la valeur esthétique ; réalisation de cartes d’esthétisme.

– Guilhem Marre présente le réseau TEMPO : photogrammétrie et modèle 3D pour un suivi des champs de posidonies

–  Karen Godary expose la robotique comme alternative à l’observateur sous-marin:

  •  robotique pour observer les fonds et écosystèmes côtiers
  • quantifier les peuplements de poissons? Difficile pour les plongeurs
  • si 6000 transects sont réalisés par 50 plongeurs pendant 20 ans cela correspond à 2km2 seulement de travaillé  entre la surface et 20m ! les robots peuvent faire beaucoup mieux!
  • un robot se déplaçant sur un transect peut travailler en vertical et horizontal!
  • les prix ont fortement baissé …de 50m€ à 3m€ (BlueRov2) et on peut modifier les commandes (robot Jack)
  • questionnement : le robot fait-il peur aux poissons?
  • comparaison inventaires robot vs plongeurs scaphandres: pas de différence

J’ai posé la question : avez-vous comparé le comportement du poisson entre la présence d’un apnéiste ou plongeur en recycleur ?…. car je pensais que le niveau de stress était peut-être équivalent entre robot et plongeur scaphandre, mais qu’il serait plus faible dans le cas de l’apneiste ou du recycleur.

  • les logiciels permettent une reconnaissance automatique des poissons et de l’habitat
  • le gros problème,  c’est le câble de transmission…mais sans câble, on ne sait pas ce que serait l’autonomie et comment assurer des prises de décisions efficaces ?
  • le transect sera effectué pour bientôt en complète autonomie

 

12h-12h30 : Sébastien Villéger (UM UMR MARBEC) : Vers une évaluation automatique de la biodiversité des poissons : promesses et défis de l’intelligence artificielle en écologie marine »

  • comment évaluer automatiquement la biodiversité ?
  • travail avec des Gopros modifiées qui peuvent filmer 3h…
  • en 15mn de film on obtient que 25% du peuplement poissons, mais en 3h30 on obtient l’asymptote de la courbe cumulée avec 115 espèces reconnues !
  • mais il faut souligner que 40esp/115 sont sans doute rares mais ne sont pas à négliger.
  • l’algorithme de reconnaissance, un réseau neuronal, est entraîné par “deep learning” en présentant au logiciel des poissons observés par tous les angles et en parties segmentées du corps.
  • base d’apprentissage est constituée de vignettes (900pixels) de 18 esp de poissons ; on obtient 90% de reconnaissance de 16 esp !
  • sur Google un logiciel de reconnaissance est disponible aussi et fonctionne pas mal…
  • pour discriminer il faut 2s pour l’œil humain et 6/100ème de seconde pour l’algorithme !
  • le travail est fait aussi avec Gopro sur point fixe… nouveaux protocoles à développer.

– Marc Bouchoucha présente le Réseau CONTAMED  de suivi de la contamination chimique dans les poissons.
La contamination est  forte près des estuaires et en littoral d’agglomérations ; les poissons sont des bioamplificateurs!

– Claire Noel  expose un proramme de suivi des ressources naturelles halieutiques par acoustique. Les travaux portent sur de l’acoustique active ; permet le comptage de poissons, la reconnaissance des fonds ; cartographie possible; développement de stratégies d’échantillonnage spatial (nombre d’échos…).

– Lucia Di Iorio  lui aussi travaille sur l’accoustique. Ici l’acoustique est passive ; permet de reconnaître la qualité d’un habitat et la biodiversité. Il existe une différence nette entre les échos d’une AMP et ceux du littoral proche. On réalise une classification acoustique…des niches ou des communautés acoustiques expriment la biodiversité que l’on rapproche des données visuelles.

 – Richard Sabatié présente les résultats du programme de sciences participatives d’observation de la fcsmp.  Vous connaissez le sujet !! Cette présentation a permis à la fédération de présenter son travail à la communauté scientifique ainsi qu’aux institutions présentes qui ont démontré un réel intérêt pour celui-ci!

Je n’ai pas pu assister (horaire train) à la dernière table ronde,  j’espère qu’on aura le compte rendu général… je l’ai demandé (avec les adresses email des participants)

 

En conclusion: 

Vraiment le plus impressionnant furent les exposés “robotique” et “évaluation automatique de la biodiversité”. Le temps des plongeurs notant leurs observations sur ardoise, le long d’un transect, semble révolu… Toutefois tant que ces robots n’auront pas réellement des prises de décisions, le plongeur saura lui toujours fouiller d’un côté et de l’autre pour découvrir la faune cryptique peu visible aux objectifs des caméras.  Quant aux chasseurs observateurs, ils auront toujours également un avantage connaissance du terrain et du comportement des poissons à faire valoir!

On a quand même encore de beaux jours d’observation !

Richard Sabatié

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