Bar 2018, quota 0 au nord du 48ème !

By | 18 décembre 2017

Le conseil des ministres, rassemblant les 28 Etats membres de l’UE, s’est réuni à Bruxelles les 11 et 12 décembre dernier afin de statuer sur les taux admissibles de capture (TAC) pour l’année 2018.

Loubass FCSMP

Les faits

Sans grande surprise, le conseil a suivi les préconisations émises par la commission européenne pour préserver le stock de bars nord jugé en grande difficulté par le CIEM et a communiqué le 13 décembre ses décisions en ce qui concerne les TAC pour l’année 2018 :

  • moratoire de deux mois pour l’ensemble des métiers en février-mars visant à protéger l’espèce durant la période de reproduction;
  • débarquement ligneurs de 5 tonnes /an  ( 10t en 2016);
  • débarquement fileyeurs de 1,2 tonnes  par an (250kg/mois en 2016)
  • débarquement chalutiers de 100 kg par mois comme prises accessoires tolérées par bateau (400kg en 2016) ;
  • aucune mesure au sud en ce qui concerne la pêche professionnelle, laissant toute initiative de gestion à la France;
  • pêche récréative: prélèvements interdits sur la zone nord (no kill autorisé) et  limité à 3 bars/jour sur la zone sud.

quotas bar 2018

L’avis du CIEM

CIEM nord 2017

CIEM sud 2017

  • Le CIEM doit rendre un nouvel avis scientifique au début du printemps 2018 utilisant un nouveau modèle d’évaluation. Selon ses  nouvelles analyses, des révisions positives des mesures récréatives peuvent être envisagées.

Commentaires et perspectives

  • Des chiffres contestables


    Si les inquiétudes du CIEM sur l’état alarmant des stocks de bars au nord ne peuvent être remises en question, nous nous interrogeons sur les estimations des prélèvements récréatifs réalisés en 2016. En effet, il est difficile de croire qu’entre les années 2012 (non contrainte) et 2016 (1bar/jours 6 mois) il y ait pu avoir une augmentation des prélèvements et qui plus est une inversion de la pression comparée entre pêche récréative et pêche professionnelle!
    Dans l’enquête que nous avions réalisée fin 2016 auprès de chasseurs sous-marins, nous avions mis en évidence une forte baisse des prélèvement réalisés en chasse sous-marine: le nombre moyen de bar prélevé par personne et par an passant de 12,2 à 7,5 entre 2014 et 2016!

    On peut espérer que les nouveaux chiffres attendus au printemps 2018 seront plus cohérents!

  • Des mesures uniques

    Lors du conseil des ministres, notre représentant s’est employé à sauver la profession des ligneurs (pêche exclusive du bar) de la faillite, alors qu’au cours de l’année 2017 celle-ci a plutôt vu ses débarquements augmenter par rapport 2016 (1908t contre 1902t en criée; source Agrimer novembre 2016&2017)!! Un secteur économique est privilégié et un autre laissé pour compte, abandonné: quid de la filière économique récréative au nord du 48ème parallèle?
    En zone sud, aucune mesure n’est annoncée pour la pêche professionnelle laissant libre cours au comité des pêches de gérer les prélèvements français, mais la pêche récréative est seule sollicitée pour obtenir une baisse globale des débarquements souhaitée par le CIEM. Il semble que nos décideurs souhaitent revoir le scénario nord se réaliser au Sud…

  • Des propositions ignorées

    Depuis 2 ans l’idée novatrice de mise en place de quotas mensuels permettant d’envisager une baisse des prélèvements est avancée par les représentants de la pêche loisir, l’EFTTA et l’EAA à Bruxelles. Au niveau national, notre fédération a soumis à la DPMA une application smartphone de déclaration des prises, la FNPP également. En plus du suivi des captures et de leur limitation, la déclaration obligatoire des prises permettrait au CIEM d’avoir accès à des statistiques non extrapolées sur la pression exercée par les récréatifs sur les stocks.  Elle permettrait même la mise en place d’un quota global annuel des prélèvements récréatifs !
    Malheureusement, si l’idée a séduit la commission européenne en 2016, cette année elle n’a pas été défendue dans les débats.
    Le poids socio-économique de la pêche récréative a été maintes fois démontré. C’est un axe que nous mettons sans cesse en valeur, comment se fait-il qu’il ne pèse pas dans la balance lorsque les enjeux deviennent sensibles ?

  • La représentation des chasseurs sous-marins à Bruxelles

    A l’échelle européenne, la représentation des usagers ne peut être assurée que par des structures représentatives à vocation internationale, les fédérations nationales  ne sont pas invitées aux débats. Seules trois structures existent pour défendre la pêche de loisir en Europe :
    – l’EFTTA qui représente les fabricants de matériel de pêche;
    – l’EAA  qui représentent des fédérations nationales de pêche à la ligne;
    – l’IFSUA qui représente des fédérations de chasse sous-marine ainsi que quelques fabricants de matériel.

    Les fédérations nationales sont obligées d’adhérer à ces super-structures pour faire entendre leur voix au niveau supérieur de l’Europe. La FNPP est ainsi affiliée à l’EAA alors que FCSMP et FNPSA sont affiliées à l’IFSUA.
    L’IFSUA est très active dans les groupes de travail méditerranéens et atlantiques sud du MEDAC et du CCS mais par manque de représentativité d’entités françaises, elle n’a pas aujourd’hui accès aux groupes de travail atlantiques nord.

    Autrement dit, la chasse sous-marine n’est pas représentée en tant que telle à Bruxelles faute de soutiens des professionnels de la filière… Ce sont donc les représentants de la pêche plaisance qui défendent actuellement la chasse sous-marine en tant que pêche de loisir à Bruxelles ! 

    Ce n’est pas pour autant que nous n’agissons pas sur les questions européennes à l’échelle nationale. Notre travail se situe au niveau des réunions qui ont régulièrement lieu à la DPMA, Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture. Nos administrateurs ministériels connaissent le positionnement commun et la solidarité qui lie  les représentants loisirs sur ces dossiers. Notre travail de persuasion est en œuvre mais face à lui de puissants lobbys s’opposent.

  • Quelles actions à venir?

    Dans l’attente de la publication résultats de la nouvelle étude du CIEM au mois de mars , les ministres laissent entrevoir la possibilité de revenir aux mesures récréatives 2016 pour le Nord (page 16 du relevé de décisions):

    Extrait tac 2018

    Au delà, des mesures juridiques possibles sont déjà à l’étude en compagnie d’IFSUA, mais une action juridique collective plus large est également envisageable.

  • Pour aller plus loin

    – communiqué de presse Ministère
    réaction FNPP
    – réaction CNP
    réaction IFSUA
    réaction CNPM
    réaction ligneurs, plateforme petite pêche

 

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6 thoughts on “Bar 2018, quota 0 au nord du 48ème !

  1. herve

    est il possible que pas un seul de tous ces “spécialistes” n’ai lu les cartes de suivi de migration des bars marques par une antenne gps?
    Si oui comment n’ont ils pu voir que les mêmes bars se promènent du golfe de Gascogne au centre manche en passant par la pointe du raz et le sud/ sud ouest du royaume uni, et cela sans s’arrêter, alors faut il installer des feux rouges et des sens giratoires adaptes a ces petites betes pour leur expliquer ce qu’il faut faire pour éviter de ne se trouver hors la loi?
    conclusion pour un petit esprit comme le mien, la connerie humaine n’a pas de limite et ‘est vraiment mal narré. les pros vont pouvoir investir et s’en foutre plein les poches avec leur benediction, merci a la commission peche europeenne .

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  2. YoannR

    La distinction nord/sud 48 ème parallèle vient du fait que la Manche et mer du nord est une zone commune européenne. C’est donc le conseil des minsitres européens qui a tranché. Pour la zone sud, elle a laissé la gestion à la France. Gestion pilotée par les professionnels (cf cas du plateau de Rochebonne, en natura 2000, site animé par le comité local des pêches pro).

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  3. Damgun

    Je ne suis pas un specialiste de la question, mais seulement un chasseur sous marin normand qui respecte les regles meme iniques.
    cependant, pour la zone Nord on intaure des lois et moratoires sans aucun controle du respect de celles ci. Du coup certains professionels chalute dans des zones interdites ou durant des periodes interdites, venant egalement de pays voisins sans que les autoritées ne fassent quoique soit. Du moins c’est l impression que l’on a quand on lit la presse.
    je ne parle meme pas de la peche electrique autorisėe dont on ne mesure pas encore les degats sur les stocks du Nord et du Sud qui pour moi sont les memes.

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  4. jm

    bonjour.
    encore une fois on cherche a faire payer aux petits les degats que l europe a laisse faire par les gros pour des raisons financieres.

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  5. Titi

    fais chier de toujours prendre pour les destructeurs de nos mers et ceux qui n ont aucune législation alors s il faut faire des mois pour la récréative c est tout le monde ou pas du tout ….

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  6. DAUBOS Daniel

    Quand arretera-t-on la main-mise des « professionnels »sur les règlementations ? Ils se les font pour eux et nous devons les subir, je parle en qualité de retraité plaisancier avec son petit bateau sur le bassin d’Arcachon.
    Le bar que je pêche doit faire 42 cm et celui qu’on me sert au restaurant, « garanti de ligne »(sic), fait 28 à 30 cm !!! Et ceci toute l’année , re!!!!
    Attention,il y a toute une activité économique de navigation de plaisance et pêche de loisir qui va péricliter si on continu dans ces voies imbéciles qui ne profitent, une fois encore qu’a ceux qui n’ont que le profit en tête. Alors une solution : prendre sa licence de pêcheur professionnel !

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