2. Premières remarques:
- ceci est un rapport commandé en mars 2006.
- les propositions qui y sont faites ne sont que des propositions.
-
il y a omission du rapport intermédiaire de l'IFREMER sur l'étude
économique et volumique de la pêche récréative... potentiellement en
contradiction sur certains points.
- dans le COMOP 12 la distortion
anormale entre les différentes formes de pêches récréatives a été notée.
Globalement le ton est donc
durci à notre encontre, le braconnage et la revente illégale, étant en matière de pêche
récréative, les sources de la majeure partie de nos maux. Il en sera
ainsi tant que l'état ne trouvera pas les solutions pour faire
respecter la règlementation en cours.
3. L'analyse de Jean Claude Huet
Le rapport sur la pêche professionnelle et la dégradation des stocks est très documenté et très cohérent.
Ce qu'il dit :
- une gestion par le stock est dangereuse car le stock est soumis non
seulement aux prélèvements mais également aux conditions naturelles.
Des accidents surviennent en cas d'addition de facteurs défavorables
(exemple effondrement des stocks de morues canadiennes !)
- l'approche du stock par le tonnage débarqué masque l'inertie
biologique de l'espèce (et notamment le seuil de recrutement) et masque
les phénomènes d'écosystème,
- la gestion par le stock est très difficile et aléatoire car les
capacités des flottes de pêches continuent d'augmenter et se reportent
de stocks en stocks provoquant à terme catastrophes écologiques,
économiques et sociales.
- le retour économique de ce mode d'organisation est très mauvais car le maintien de capacité de surpêche de flottes est d'un coût très élevé.
Même si le rapport propose une foule d'actions (la plupart très
consensuelles - dialogue / recherche scientifique / information /
gestion durable) le sénateur propose avant tout de passer d'une gestion
concurrentielle avec un poisson "res nullius" (qui appartient au
premier qui le capture) et des quotas autorisés de capture collectifs à
une gestion patrimoniale avec des quotas individuels transférables (QIT).
L'idée est de diminuer la capacité des flottes pour rendre la pêche économiquement viable sans aides publiques et de faire des droits de pêches des biens patrimoniaux à valoriser. Le pêcheur professionnel valorisera d'autant son QIT qu'il préservera la pérennité de la ressource.
Cette approche est potentiellement dangereuse en ce qui concerne la
pêche récréative dans la mesure où notre activité s'exercera alors aux
dépens d'un patrimoine valorisable. Il s'agit d'une privatisation de la
ressource...
Il convient donc, selon moi, de souligner auprès du sénateur Cléach que si nous partageons son analyse, nos conclusions peuvent diverger, à savoir :
- que la surcapacité des flottes de pêche et la politique des quotas
est inefficace économiquement et dangereuse pour la ressource,
- qu'a contrario la pêche récréative, qui touche 2,2 millions de
pratiquants, pour un impact économique de 2,2 milliards d'euros,
(chiffres de mémoire) pour un impact sur la ressource de seulement 3%
est très efficace économiquement et que sa restriction serait d'effet
quasi nul sur la ressource,
- que la transposition (1) d'un permis de pêcher avec examen au milieu
marin est inadéquate et que la transposition d'un droit payant de pêche
sera rédhibitoire et économiquement contreproductive. (Confer situation
de la chasse terrestre dont les effectifs ne cessent de s'effondrer...
http://fr.news.yahoo.com/2/20081218/tpl-pour-promouvoir-la-chasse-le-parleme-ee974b3.html )
- que, par contre, toutes les mesures de protection de la ressource
(maille biologique, période de repos biologique, quotas, etc.) dès lors
qu'elles s'appliquent à tous les pêcheurs (professionnels ou
récréatifs) nous apparaissent bien fondées.
- que nous comprenons que les efforts drastiques qui seront exigés des
professionnels doivent s'accompagner d'efforts importants des
récréatifs afin d'être socialement acceptables,
- enfin, qu'avant toute nouvelle réglementation il conviendrait de
garantir l'application effective des réglementations existantes trop
souvent inappliquées faute de moyens ou de volonté/courage politique.
(Comme le souligne d'ailleurs le rapport.)
(A ce propos un reportage est passé hier soir dans l'émission 66
minutes sur d'éventuelles dérives de la pêche professionnelle quant aux
quotas de coquilles saint jacques (débarquements hors criée) et sur le
braconnage de la CSJ à la bouteille. Quiconque aura vu ce reportage ne
pourra que conclure d'une extraordinaire passivité des pouvoirs publics
face à des abus commis au nez et à la barbe de tous. L'attitude face
aux caméras du président du comité local des pêches de Saint Quay
Portrieux était hallucinate ! Dès lors on peut légitiment s'interroger
si la présence de pêcheurs récréatifs en mer ne sera pas à terme une
(la seule ?) garantie contre la multiplication et l'aggravation de ces
dérives...)
En conclusion : Le rapport du sénateur par les argumentations qui y
sont développées dans son analyse contient toutes les informations et
les raisonnements qui permettent de prouver que notre activité est
économiquement et socialement rentable et écologiquement neutre et doit
être préservée.
Il faut donc s'appuyer sur le rapport lui-même pour avancer nos arguments et infléchir les conclusions.
Une mauvaise conclusion sur un bon diagnostic peut conduire à la catastrophe...
(1) étant moi-même chasseur terrestre (dont grand gibier), chasseur à
l'arc, piégeur agréé, je me ferais un plaisir de démontrer que la
dangerosité d'une carabine 9,3x74R est hors de comparaison avec un
fusil harpon... De même la situation actuelle de la chasse terrestre
(diminution drastique des pratiquants et moyenne d'âge > 60 ans) est
critique, risque de conduire à une faillite financière des fédérations
et une défaillance du système tout entier de la chasse terrestre, etc.
ce qui n'est pas sans inquiéter nos politiques...
Enfin, malgré des efforts énormes des pratiquants la situation des
gibiers est avant tout compromise par la destruction des biotopes et
l'utilisation massive de pesticides. (Je ne vous parle pas des maladies
- myxo, VHD, tularémie, tuberculose, coccydiose, etc. - qui déciment
les derniers survivants...)
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