FCSMP - Pêche et chasse sous-marine passion
Accueil arrow Environnement arrow Processus Grenelle arrow 13/12/08 : Rapport Marée Amer
FCSMP - peche et chasse sous-marine passion FCSMP - fédération chasse sous-marine passion FCSMP - fédération chasse sous-marine passion FCSMP - fédération chasse sous-marine passion

Boutique FCSM Passion

Menu forum

Forum Spearboy

13/12/08 : Rapport Marée Amer

Convertir en PDF 
13-12-2008
 
Index de l'article
13/12/08 : Rapport Marée Amer
Page 2
Page 3

 

1. Lire  l'extrait du rapport concernant la pêche de loisir: 

 

Une pêche de loisir enfin régulée


a) Un vrai problème


Le rapport Poséidon de 2006 notait avec une certaine pudeur « Un point particulier est la pêche de loisir, dont le poids peut être économiquement et quantitativement important sur certaines espèces à forte valeur ajoutée (le bar). Les débats sur les aires marines protégées notent l'importance de cette activité qui se révèle très rentable ; cette « fausse plaisance » alimente alors une économie parallèle, qui concurrence directement la pêche professionnelle, sans être soumise à ses obligations fiscales, sociales ou réglementaires ».
De fait, pour une espèce hors quota comme le bar, on estime que la moitié des prises sont le fait de plaisanciers qui souvent commercialisent
leurs prises alors que c'est totalement interdit, le principe même de la pêche récréative étant la consommation familiale.
Cette question reste en fait mal connue. Très peu d'études sont disponibles. Les travaux les plus souvent invoqués comme ci-dessus sont issus d'une étude menée par l'IFREMER en 2004-2005 dans le cadre du
« Défi Golfe de Gascogne »1.
La pêcherie du bar est apparue emblématique de la pêche récréative métropolitaine et permettant d'obtenir une première estimation de cette activité à l'échelle nationale. Cette enquête a reposé sur des entretiens
téléphoniques conduits par un institut spécialisé. La population cible était les Français âgés de 15 ans et plus. Sur la base de la méthode des quotas, le sondage a été constitué de 14 vagues. En tout, ce sont 14.000 entretiens qui ont été réalisés au cours de l'année 2004.
Cette étude a permis d'estimer le nombre des pêcheurs récréatifs et
sportifs en 2003 à 1,4 million dont 900.000 pêchent le bar, dont un tiers plus de sept fois par an. Sur les déclarations des usagers, les captures de ce type de pêche ont été évaluées à un volume équivalent de celui de la pêche professionnelle.
D'autres travaux ont été réalisés, notamment sur le thon en Méditerranée, mais dans ce cas les prises paraissent faibles, de l'ordre de
10 tonnes.
Une étude plus large a été demandée par le ministère de l'agriculture et s'est déroulée sur 2007 et 2008. Ses résultats ne sont pas encore connus.
Pour certaines espèces sous quota comme le cabillaud, pour laquelle une étude de l'Ifremer est en cours, les pêcheurs professionnels se sont plaints à votre rapporteur que les plaisanciers avaient désormais des droits de pêche supérieurs aux leurs. Cette année, la tension était telle en
Manche que le Préfet de la région Haute-Normandie a été amené à prendre un arrêté spécifique limitant la pêche de plaisance du cabillaud à
10 poissons de plus de 35 cm par bateau et par sortie (arrêté du 17 avril 2008) invoquant le risque important de troubles à l'ordre public si la différence de traitement entre professionnels et non professionnels n'était pas résorbée. En effet, faute de quotas, la pêche professionnelle était interdite.
Sur le littoral, cette activité parallèle paraît significative et peut même servir de reconversion à des pêcheurs professionnels.
La pêche récréative a longtemps été considérée comme négligeable et  le commerce qui en était issu a souvent été toléré. Elle est devenue un problème à résoudre car, d'une part, les contraintes qui pèsent sur la pêche professionnelle sont très importantes en raison de la rareté des ressources, et, d'autre part, les pêcheurs amateurs disposent de technologies professionnelles.


b) Permis de chasser - Permis de pêche en mer : un parallèle pertinent


A ce stade, il est surprenant qu'une réflexion similaire à celle sur la chasse n'ait pas vraiment vu le jour.
Certains considèrent que « la chasse au petit gibier a été victime de
l'agriculture industrielle et du congélateur ». Gardons-nous que la pêche de loisir ne soit victime des mêmes excès. De simplement récréative, elle change d'échelle quand elle consiste à remplir plusieurs congélateurs, alimenter très au-delà de la table familiale, voire servir de complément de revenu ou d'activité professionnelle non déclarée.
Sur le continent, le législateur interdit depuis très longtemps un
certain nombre d'outils ou de dispositifs pour protéger le gibier terrestre et pour maintenir l'aspect « sportif » et l'esprit éthique de la chasse. Si le gibier n'a plus sa chance, y a-t-il encore chasse ?
Dès lors, il est curieux de constater que ces principes si bien établis
dans le domaine terrestre n'aient pas paru devoir s'appliquer au domaine
maritime. Alors qu'il ne viendrait à personne l'idée d'autoriser la chasse au gros gibier avec un détecteur à infrarouge, c'est pourtant bien ce qui se passe pour la pêche avec les sondeurs désormais disponibles pour les plaisanciers.
Le rejet du permis de pêcher en mer suscite, lui aussi, quelque étonnement, à moins de rappeler les débats qui ont eu lieu, il y a plus de  trente ans lors de l'instauration de l'examen du permis de chasser. Celui ci ne fait pourtant plus débat. Il est devenu un outil efficace de formation et de sécurité. On comprend mal pourquoi le pêcheur en mer n'aurait pas besoin, lui aussi, d'être mieux averti de la biologie des espèces et des règles de sûreté. Ce pourrait être également une utile école de gestion des pêcheries et de préservation des milieux naturels.
S'y ajoutent pour la chasse diverses mesures de gestion qui permettent d'avoir une idée plus précise de l'état des espèces : estimation des populations (comptage), plan de chasse, carnets de prélèvement par espèce ou universel... On peut enfin mentionner la réglementation spécifique à laquelle est soumise la chasse sur le domaine public maritime.
En fait, les réticences que suscite un éventuel permis de pêcher en mer dénotent un problème culturel. Les pêcheurs de loisir considèrent encore trop souvent que la ressource est illimitée et que leur impact est faible. Or, comme lors de l'instauration du permis de chasser, c'est l'obligation de gérer et le caractère limité de la ressource qui sont insuffisamment partagés. Il est nécessaire de prendre conscience, même au niveau du pêcheur plaisancier, que la mer ne peut plus être considérée comme totalement libre, non pas parce qu'elle ne serait plus un bien commun, mais bien parce qu'elle est un bien commun qui doit être préservé au profit de tous.


c) Grenelle de l'environnement, un résultat en deçà des enjeux


A l'issue du Grenelle de l'environnement et du Comité opérationnel n°12 « Gestion intégrée de la mer et du littoral » : « Les participants ont estimé que les objectifs poursuivis pouvaient être atteints en grande partie par des mesures volontaires, et qu'il appartiendrait à l'administration de juger au vu des résultats si des mesures contraignantes devaient être imposées par la loi ou la réglementation »
De ce fait, l'idée de la création d'un permis de pêche en mer a été abandonnée au profit d'une simple déclaration gratuite à effectuer une seule fois, d'un marquage des poissons pris (coupe ou entaille de la nageoire caudale) pour éviter leur commercialisation et conclusion d'une charte entre les différents acteurs du secteur. Des sanctions dissuasives comme la saisine du bateau ou du véhicule pourront être prises à la suite d'infractions. Une période de repos biologique pourra être définie de même que de nouvelles tailles limites de capture et certaines espèces pourront faire l'objet de protections spécifiques si elles sont menacées.
Un permis sera toutefois créé pour la pêche sous-marine. Cette exception est justifiée par deux motifs : le tableau de chasse important du chasseur sous-marin chevronné et les raisons de sécurité liées au déroulement de l'action de chasse sous-la mer et à la possession d'une arme de 6e ou 7e catégorie soumise à déclaration.
Le projet de loi de programme relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement retient d'ailleurs, dans son article 30 alinéa 4, le simple principe de « l'encadrement de la pêche de loisir » sans plus de précision.

Votre rapporteur prend acte des travaux du Grenelle et du COMOP 12 remis en juillet 2008. Un compromis a été trouvé.

Votre rapporteur estime cependant insuffisantes les mesures proposées au regard des enjeux de préservation et de gestion, de la concurrence réelle qui existe désormais sur certaines espèces entre la pêche récréative et la pêche professionnelle et les tensions sociales croissantes que cela provoque. Pour lui, l'intervention des pouvoirs publics au-delà du consensus trouvé par le COMOP12 est inévitable et souhaitable d'autant que la distorsion créée entre les différents types de pêche récréative n'est pas cohérente avec l'objectif de gestion scientifique des ressources naturelles.

Dès lors, il propose une régulation plus rigoureuse de la pêche récréative fondée sur cinq points :
- une meilleure connaissance statistique grâce des recherches scientifiques et à l'initiative des associations (bagues, carnets de prélèvement...),
- la création, à terme, d'un permis de pêche en mer, soumis à examen, à l'exemple du permis de chasser, conçu comme un outil de formation, de gestion et de sécurité, et s'appliquant à tous les types de pêche récréative à l'exception de la pêche à pied,
- la limitation des engins de pêche autorisés pour la pêche de loisir afin de préserver son esprit sportif et éthique,
- la limitation des captures et la cohérence de la réglementation, de telle sorte que lorsque la pêche professionnelle est interdite, la seconde ne puisse être autorisée,
- le contrôle plus fréquent des débarquements et de l'interdiction de commercialisation par les pouvoirs publics, ainsi que des contrôles systématiques de la pêche à pied lors des grandes marées.

Télécharger le rapport complet





Commentaires utilisateurs  
 

Evaluation utilisateurs

   (0 vote)

 

Affiche 1 de 1 commentaires

1. 09-02-2009 14:09

l'art de noyer le poisson
justesse d'analyse m.Huet 
suis pour ma part chasseur ss marin ( et pêcheur) occasionnel mais passionné (habitant dans le nord est) 
la quantité annuelle prélevée étant inférieure à 6 kg de poisson (bar,mulet,sar) 
il serait bien dommage d'en arriver à une situation aussi amer(e) et faire porter la 
responsabilité sur la seule pêche récréative -même si des abus sont commis- 
après les automobilistes responsables du réchauffement et les taxes auxquelles il est soumis,le pêcheur/chasseur sous-marin n'a plus qu'à se préparer...logique économique mais certainement pas écologique 2,2 million X xpermis=?
boncour jean-pierre

Affiche 1 de 1 commentaires

Ajouter votre commentaire



mXcomment 1.0.9 © 2007-2012 - visualclinic.fr
License Creative Commons - Some rights reserved

Identification

© 2012 FCSMP - Fédération Chasse Sous-Marine Passion - pour la défense de la chasse sous-marine