Prévenir la fraude et le braconnage :
La FCSMP a toujours été contre la mutilation des prises. D'abord par respect pour le poisson mais surtout car nous pensons que cette mesure sera inefficace. Une marque quelle qu'elle soit n'empêchera pas les pratiquants mercantiles d'écouler leurs prises s'ils le souhaitent.
Les poissons pris en chasse sous-marine sont déjà marqués par le trou laissé par la flèche et si une volonté réelle existait, les services de l'hygiène et des fraudes n'auraient aucun mal à interpeller les restaurateurs peu scrupuleux. De plus, le marché parallèle de la vente et du troc entre particuliers gardera toujours une dimension ingérable pour les services de l'état, que la queue des poissons soit coupée où non.
Et encore une fois, la grande et majeure partie des pratiquants respectueux des règlementations en cours devra se plier à de nouvelles contraintes qui visent des objectifs qui ne les concernent pas.
Nous pensons de notre côté que la fraude, le braconnage et la revente illégale du poisson existeront toujours tant que les agents de l'état n'auront pas un moyen clair de faire respecter le point règlementaire qui stipule que le produit de la pêche loisir est destiné à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille.
Notre position sur le sujet est que le meilleur moyen de faire respecter ce point de la réglementation est de lui donner une valeur mesurable. En ce sens, nous sommes favorables à la mise en place de quotas raisonnables et concertés qui ne seront pénalisant au final que pour les pêcheurs peu scrupuleux et ce quel que soit les techniques de pêche employées (harpon ou hameçon, interdites ou pas).
Une telle mesure aussi bien contrôlable en mer qu'à terre (cales de mise à l'eau, ports, ect.......) rendrait ainsi les contrôles simples et efficaces.
FCSMP a toujours défendu une certaine éthique de la pratique de la chasse sous-marine basée sur le respect du poisson traqué, le respect de l'environnement et celui des autres usagers de la mer.
Pratiquée dans un milieu qui n'est pas le notre, bien souvent hostile, la chasse sous-marine est un loisir terriblement complexe qui demande au chasseur de conjuguer de nombreuses compétences et capacités : endurance, aquaticité, performances physiques, maîtrise de soi mais aussi, adaptation et compréhension du milieu et des comportements des poissons. C‘est ce qui en fait toute sa noblesse et sa beauté. Pêchée dans les règles de l'art chaque prise représente une victoire inestimable pour celui qui en est l'auteur. Ce qui n'est pas le cas, lorsque des moyens dérivés sont mis en œuvre pour faciliter la prédation, un peu comme un sportif améliorant ses performances de façon illicite. Pour cela, outre le fait que ces pratiques soient liées au braconnage, nous avons toujours lutté contre l'utilisation de la corde plombée et du loco-plongeur en chasse sous-marine.
Nous faisons toute fois remarquer que si le loco-plongeur (qui permet au chasseur sous-marin d'atteindre des profondeurs inaccessibles) est bien une pratique interdite, l'utilisation de treuils électriques en pêche à la ligne profonde est, elle, tolérée. D'un point de vue éthique il s'agit pourtant bien de deux cas de figures similaires.
Préserver la ressource :
- On constate qu'il existe plusieurs manières de protéger les ressources :
Une manière intelligente basée sur une démarche scientifique et rationnelle de suivi préalable de l'évolution des stocks par espèce afin d'évaluer la nécessité ou non de la mise en place de mesures de protection adaptées.
Une autre manière, dite de précaution, où sans diagnostique préalable et sans discernement, on propose d'interdire à la louche prenant exemple sur une situation aberrante qui perdure depuis des années dans le département du 06 suite à un coup de sang des prud'homies de pêche locales !!! Cette situation, n'a été soumise à aucun suivi scientifique, la période d'interdiction ne correspond à rien d'un point de vue scientifique non plus: son intérêt n'est que subjectif et ne peut satisfaire que des esprits crédule ou de mauvaise foi.
Ainsi, pendant que les chasseurs sous-marins interdits de pratique, migrent dans le département voisin pour pouvoir assouvir leur passion, l'ensemble des pêcheurs aussi bien loisirs que professionnels continuent de prélever sur les stocks mis au repos.... Quel exemple de gestion !
- On nous propose l'interdiction du corb, poisson hautement patrimonial et star du paysage sous-marin au même titre que le mérou. Ce poisson est certes une espèce sensible à notre mode de prédation. Quand on sait que les zones d'interdiction de chasse sous-marine dans le sud de la Corse sont avant tout des mesures visant à protéger le corb, nous devrions nous estimer heureux...
Mais quand même, avant d'interdire, toujours selon le principe du doigt mouillé, prenons le temps d'évaluer les populations présentes sur notre littoral ainsi que leur évolution !!! Des mesure intermédiaires intelligentes peuvent être prises comme il est proposé dans la gestion de la ressource pour les pêcheurs à la ligne loisirs : mailles spécifiques (liées à la maturité biologique), quotas voir repos biologique en période de frai.
Est-ce que l'on se pose autant de questions sur la pêche à la ligne profonde des poissons sabres espèce très vulnérable dont la croissance est très lente et le taux de reproduction très bas... ! Non, car le poisson sabre ne fait partie d'aucun paysage, tout simplement.
Par rapport à la mise en place de quotas, la FCSMP est prête à donner l'exemple, mais elle rappelle qu'une telle mesure n'aura de réel effet sur les ressources que si elle s'applique à l'ensemble des modes de prélèvements. C'est ce qu'il se passe sur les Côtes Atlantiques où la majorité des pêcheurs récréatifs (hameçons et harpon) respecte une période de repos biologique sur le bar en période de frai, et ce, preuve que les pêcheurs peuvent être responsables en terme de gestion des ressources, sans aucune dimension règlementaire officièle.
- La FCSMP est également sensible à la notion de maille biologique, mais elle n'oublie pas que la chasse sous-marine est une pratique très difficile et ingrate et que la mise en place institutionnalisée de mailles trop élevées serait un obstacle quasi rédhibitoire pour le chasseurs débutant. Sur ce sujet, nous sommes donc favorables à ce que le thème des mailles soit abordé au travers d'une charte ou code moral du chasseur confirmé, sans passer par une hausse règlementaire généralisée.
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