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13/11/08 : Synthèse sur la pêche au bar

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13-11-2008
 
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13/11/08 : Synthèse sur la pêche au bar
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Etat de la ressource

Dans son dernier avis publié en 2004, le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) note que les stocks de bar de Manche, mer du Nord, côtes anglaises et golfe de Gascogne sont exploités à un niveau proche du rendement maximal par recrue, et à une taille moyenne de capture un peu faible, ce qui n'altère cependant pas la capacité de reproduction.

Le CIEM souligne aussi que le réchauffement des eaux en Manche et en mer du Nord crée depuis 1989 des conditions environnementales favorables à la croissance et au recrutement du bar. Dans ce même avis, le CIEM constate un probable accroissement de la mortalité due à la pêche, qui ne met pas encore la ressource en péril, et une expansion du stock, tant en taille et qu'en surface, due à des changements environnementaux. Les stocks sont donc considérés comme bons (la ressource bar n’est pas en danger) mais l’équilibre pourrait basculer rapidement si la pression de pêche augmentait d’une façon ou d’une autre.

Fin 2008, les ligneurs de Bretagne ont alerté d’une baisse très significative des prises de bars en 2008. La situation serait analogue en Manche et dans le golfe de Gascogne. Ils réclament aux scientifiques la mise en oeuvre d’une évaluation du stock « digne de ce nom » et que soient identifiés l'ensemble des paramètres affectant ce stock.

Pour une exploitation durable

Actuellement, il n'y a pas de réglementation européenne sous forme de limitation des prises de bar (pas de TAC, ni de quotas). Il existe cependant une taille minimale de capture fixée à 36 cm en Manche/Atlantique et 25 cm en Méditerranée. En France, les apports sont limités à 5 tonnes hebdomadaires par navire (arrêté du 16 janvier 2006).

Selon l’Ifremer, la limitation de l'effort de pêche ne peut être garantie sans moyen de contingentement efficace et contrôlé. Il est possible que dans les années à venir, le nombre de chalutiers ciblant le bar augmente compte tenu de la situation de la pêcherie d'anchois. L'interdiction totale de la pêche pendant le frai est une option de gestion de l'accès qui revient à interdire la pêche au bar à ces flottilles. À l'opposé, l'ouverture totale et sans restriction d'accès ne permet ni d'ajuster les capacités de capture à la production naturelle de la ressource, ni d'assurer le partage de la ressource entre usagers.

Les mesures de régulation pour une pêche durable du bar pourraient avoir pour objectif la répartition de la ressource entre les différents pêcheurs, y compris les pêcheurs plaisanciers. Par ailleurs, un groupe de travail du CIEM note le besoin de mieux connaître l'activité et les prélèvements de la pêche plaisancière compte tenu de son poids présupposé dans le prélèvement des bars : c’est même la catégorie qui aurait le plus gros impact. Une analyse des pratiques des différentes catégories de pêcheurs récréatifs permettrait de mieux cerner leurs effets sur la ressource.

Du côté des pêcheurs récréatifs, les pêcheurs à la ligne déclarent être favorables à l’application d’une maille « biologique » de 42 cm, pour être certains que les femelles se sont reproduites au moins une fois. L’idée d’un repos biologique pendant l’hiver est aussi évoquée. Globalement, les pêcheurs de loisir en mer interrogés dans l’enquête Ifremer apparaissent très largement favorables à la mise en place de périodes de repos biologiques (90%), à la limitation des prises par sortie (84%) et à un renforcement des contrôles (82%). Par contre, ils sont plus partagés quant à la mise en place d’un permis, que ce soit pour protéger uniquement certaines espèces (59%) ou pour protéger toutes les espèces (41%).

La connaissance de l'évolution des pêcheries montre que c'est lorsque l'état du stock est satisfaisant qu'il faut mettre en place de mesures de gestion et de contrôle de leur efficacité. Quand sa situation est trop dégradée, il devient en effet extrêmement difficile de rétablir une situation biologiquement saine et économiquement viable. Les exemples de la morue en mer du Nord et du thon rouge en méditerranée sont riches d'enseignements.





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