Le lobbying de certaines associations sur la création d’un moratoire contre la pêche du corb se fait de plus en plus pressant. Alertes et fausses informations sont largement diffusées dans les journaux et même sur le 20H de Claire Chazal.
Faire peur aux populations en invoquant des anathèmes est une stratégie moyen-âgeuse que dénonce FCSMP auprès du ministère de l'écologie en demandant expressément que la réflexion sur la gestion de cette espèce soit menée dans un cadre concertatif en préalable à toute mesure. Pour faire le tri entre manœuvres, canulars et réalité écologique, FCSMP fait le point avec vous sur le corb.
1.Le Corb
Le corb, Sciaena
umbra (Linnaeus, 1758), contrairement à beaucoup d'idées fausses
n'est pas un poisson strictement endémique à la méditerranée. Le corb est distribué sur l'ensemble du bassin méditerranéen,
la mer Noire et sur la façade atlantique des côtes anglaises jusqu'aux côtes
mauritaniennes et la Manche. Il affectionne pour habitat principal les zones de
posidonies et coralligènes à proximité de ragues profondes où il se retrouve
« en famille » de quelques individus. On rencontre le corb a des
profondeurs de 2 à 40 m
et occasionnellement à 200 m.
C'est un
poisson élégant avec sa robe dorée et sa nage nonchalante aux abords de son
territoire. Son apparente nonchalance surprendra toujours les observateurs trop
curieux par sa capacité à disparaitre en un instant pour se fondre dans
le milieu. Le corb alerte ses congénères par des bruits liés à la vibration de
sa vessie natatoire. Son ouïe est ultra-développée, et doit être sensible aux
bruits des moteurs.
Le corb est
un prédateur sédentaire d'une taille de 30 à 40 cm, exceptionnellement au-delà.
Il vit jusqu'à 14 ans pour les males et 16 ans pour les femelles. A sa première
maturité sexuelle (2-3 ans) le corb a une taille de 25cm, sa croissance se
ralentira ensuite. Les femelles les plus fécondes sont celles de 1,2 kg. La fécondité des
femelles plus grosses chute progressivement. Le pic de la période de frai sur
nos côtes se situe entre mai et juin. Sa reproduction est connue pour être liée
à la qualité des eaux.
Quelles sont les données sur les populations de corb de notre
littoral ?
D'après
notre enquête la majorité des pêcheurs sous marins (61%) observent de plus en
plus régulièrement de corb. Seule une minorité (7%) observent une diminution du
nombre d'individus. Cette enquête souligne par ailleurs la présence d'individus
fréquemment rencontrés dans des eaux peu profondes, y compris sur des zones
d'enrochements artificiels. Ces
observations pourraient être confirmées par la mise en place d'un suivi des
populations impliquant tous les usagers susceptibles de rencontrer des corbs.
En dehors des aires marines protégées, nous déplorons l'absence d'étude
sur les populations de corb de notre littoral.
Quelles est
la part de prélèvement des chasseurs sous marins ?
Le corb
semble peu pêché par la pêche au petit métier et par la pêche à la ligne au
regard des autres espèces prises, l'est-il nécessairement plus en chasse
sous-marine ? A titre d'exemple, lors de la phase de test du carnet de
prélèvement élaboré par la FCSMPassion (2009) auprès de pratiquants réguliers, nous obtenons un taux de capture
d'un corb/pêcheur/an, ce qui relativise de beaucoup l'impact de la chasse
sous marine éthique et responsable sur cette espèce.
2. La position de FCSMP
Pourquoi
FCSMP est en l'état actuel, opposée à l'établissement d'un moratoire sur la pêche du corb ?
L'articles 1 et l'article 2 de la charte d'engagement définissent parfaitement des cadres de concertation pour le type de problématique posé par le corb:
Nous
estimons donc que, dans un esprit de cohérence et de logique
institutionnelle, ce sujet doit être traité selon deux seules
déclinaisons possibles:
- soit à un niveau national dans le comité de suivi de la charte d'engagement,
- soit à un
niveau infranational local au sein d'un comité spécifique constitué sous
l'égide du préfet et réunissant usagers, scientifiques et institutions
concernés.
Sur le fond, nous
pensons que cette mesure seraitun
moyen brutal et discriminant d'appliquer le principe de précaution :
- Brutal
parce que l'interdiction totale de prélèvement est la mesure ultime,
incohérente avec une politique de première intention de gestion de la ressource.
Elle serait totalement incomprise par
les pêcheurs et probablement mal suivie donc inefficace.
- Discriminant
parce que cette interdiction affecterait principalement les chasseurs sous-marins qui sont les seuls à pouvoir sélectionner les poissons capturés.
3. Les propositions de FCSMP
Dans l'hypothèse que les études des populations de corb montrent la
nécessité d'une attention particulière, FCSMP propose une série de mesures
graduées et proportionnées avec des moyens de protection, en adéquation avec
une gestion raisonnée. Ces propositions seraient plus facilement acceptées et
suivies, donc adaptées à la protection de cette espèce.
Nous
proposons en premier lieu :
- le rétablissement de la taille minimale légale de 30
cm : arrêté du 21/12/99 abrogé par l'arrêté du 19/03/2007).
- la mise en
place d'un suivi des populations impliquant scientifiques et usagers.
Si les corb nécessitent
une protection supplémentaire, nous proposons d'établir un plan rigoureux et
progressif en fonction des résultats des suivis des populations:
-augmentation de la maille de
capture
-instauration de quotas journaliers
-déclaration obligatoire de capture
-interdictions de capture pendant les
périodes de frai, de zones, de périodes
- instauration d'un moratoire
4. Les actions
de FCSMP
- L'envoi d'un courrier au ministre (Télécharger le fichier pdf),
est la première étape de notre action, la plus simple: Elle a pour but
de déclencher une procédure qui devrait, avec le soutien des fédérations
signataires de la charte d'engagement , déboucher sur la mise en place
d'un comité de concertation, groupe de
réflexion spécifique pour la gestion de cette espèce dont nous voulons bien sûr être partie prenante.
- La deuxième étape, qui pour nous est fondamentale, correspond à la
réflexion objective qui doit être menée avant toute prise de décision.
Pour étayer nos arguments dans cette réflexion, nous souhaitons
apporter au débat des éléments contradictoiresliés à nos expériences
respectives d'usagers avertis.
Au grès des discussions, des échanges, le constat des pratiquants sur
l'évolution des populations de corbs va à l'inverse de ce que certains nous annoncent. Mais il ne s'agit là, que d' un ressenti qui, en
l'état, est difficilement exploitable. Il est donc impératif de le formaliser afin de le
traduire en données fiables tant d'un point de vue quantitatif que
qualitatif.
En parallèle du carnet de csm déjà en place et susceptible d'apporter des estimations sur la pression que nous exerçons réellement sur la ressource, nous travaillons donc à l'élaboration d'outils de suivis et d'observations, qui avec le concours des pratiquants, nous permettront de recueillir les informations nécessaires à toute réflexion.
Ces outils seront à la disposition des pratiquants sur notre site dès qu'ils seront effectifs.
5. Conclusions
La disparition du corb de nos eaux
n'est pas d'actualité. Si tel était le cas, elle serait sans doute la conséquence d'une
atteinte plus globale de l'environnement, voir même d'un échec dans la gestion des AMP.
Nous comprenons que le corb soit un poisson particulièrementattractif pour les palanquées de plongeurs,
et qu'à lui seul il représente une source marchande à ne pas négliger par les
clubs de plongée. Cependant, FCSMP considère que la seule vision mercantile dans les plans
de gestions des espèces à protéger, serait une erreur et un non sens biologique.
FCSMP milite pour conserver une mer
ouverte, libre et poissonneuse. FCSMP croit que miser sur l'intelligence de nos
pratiquants et les former aux pratiques éco-responsable est plus efficace que la
mise en place de mesures de gestion irraisonnées et inadaptées. FCSMP incite
vivement nos adhérents à respecter les tailles minimales biologiques de capture et de s'imposer
une démarche éco-responsable vis-à-vis des prélèvements du corb.