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FCSMP a participé au suivi Caulerpa 2007 en baie de Garonne organisé par la mairie du Pradet (83).
A l'occasion de la publication du bilan de cette action, Jérôme Lombard nous donne quelques informations sur ces algues et sur les attitudes et conduites à tenir en cas de rencontre.
I. Caulerpes taxifolia et racemosa: de redoutables envahisseuses
La souche de Caulerpa taxifolia qui colonise la Méditerranée présente des adaptations qui la rendent très compétitive. Ce succès compétitif vis-à-vis des espèces indigènes s'explique par de nombreux facteurs.
Lorsqu'une partie de l'algue est sectionnée, la cicatrisation est rapide, la partie séparée peut alors se développer indépendamment comme une bouture.
Cette reproduction végétative semble être le seul mode de reproduction de Caulerpa taxifolia en Méditerranée. L'ensemble des colonies semble donc être un clone constitué génétiquement d'un seul et même individu fragmenté en de nombreux individus identiques.
Lorsque Caulerpa taxifolia s'implante, ses axes rampants et ses rhizoïdes tissent rapidement une couverture compacte qui piège les sédiments et stoppe la lumière. Le substrat devient peu à peu inaccessible aux autres organismes fixés, aux autres algues en particulier. Une prairie monotone et pauvre en espèce peut ainsi remplacer la vingtaine de communautés et de faciès algaux existant généralement dans les petits fonds.
La dissémination de Caulerpa taxifolia sur de courtes distances (quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres) se fait principalement par le transport de boutures emportées par les courants. Un petit fragment de l'algue suffit pour donner naissance à une nouvelle colonie ; la progression de cette nouvelle colonie peut alors être très rapide (multiplication annuelle de la surface par 2 à 10). L'extension se poursuit de proche en proche, l'aire de répartition atteint ainsi la profondeur de 40 à 50 m au bout d'une dizaine d'années. La colonisation se poursuit alors préférentiellement latéralement, de part et d'autre de la zone atteinte, le côté situé sous le courant dominant progressant plus vite.
La dissémination de boutures dans les sites très éloignés des secteurs fortement contaminés ne se fait que par les activités humaines : plaisance et pêche artisanale. Les fragments de l'algue, accrochés aux ancres et chaînes des bateaux de plaisance, aux engins de pêche, voire au matériel de plongée, peuvent survivre 10 jours dans un endroit humide à l'abri du soleil (puits d'ancre, filets, sac de plongée), régénérer et former une nouvelle colonie une fois rejetés en mer.
Du même genre que Caulerpa taxifolia, Caulerpa racemosa est une algue verte dont l'expansion extrêmement rapide en Méditerranée s'explique à la fois par la diversité et l'efficacité de ses modes de reproduction. En effet, cette algue se reproduit selon deux voies :
- - Voie végétative : par bouturage (des fragments de l'algue peuvent former une nouvelle colonie) ou par propagules, les ramules (petites « boules») portés par les axes verticaux (frondes) peuvent se détacher et ensuite former un thalle complet.
- - Voie sexuée : par émission de gamètes mâles et femelles formant après fécondation de très nombreux zygotes (oeufs) pouvant être transportés par les courants.
La très forte capacité d'expansion de Caulerpa racemosa associée à sa discrétion (détection visuelle beaucoup moins aisée que pour Caulerpa taxifolia) rendent utopique le contrôle et l'éradication totale de l'algue. Comme pour Caulerpa taxifolia, le contrôle de l'algue est envisageable uniquement si la surface de la colonie est faible (moins de quelques m²) et isolée (éloignée de plusieurs dizaines de km) d'autres zones colonisées.
( source: Observatoire Marin, stratégie de contrôle des Caulerpes)
Pour en savoir plus:
→ Retrouvez dans cet excellent dossier du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environement) l'historique,les conséquences, les methodes d'éradication et le bilan de la situation actuelle: Caulerpa taxifolia, une menace croissante sur l'environnement.
→ Lien vers la fiche Wikipédia. La fiche de présentation que l'on y trouve est succincte, bien faite et ne participe pas au débat lié à l'utilisation de certaines méthodes d'éradication.
II. Bilan projet pilote de gestion de la Caulerpa taxifolia en Baie de Garonne
Depuis 2006, les Spears et FCSMP participent au suivi Caulerpe taxifolia organisé par la mairie du Pradet en Baie de Garonne. Ce projet est une réusiite car, initialement repérée en 2001, elle est aujourd'hui éradiquée du site.
Le travail n'est pas terminé pour autant. Nous continuons notre engagement avec le suivi 2008 au Pradet et à Porquerolles... et sommes porteurs d'autres projets qui pourraient germer sur d'autres sites, comme à Marseille avec l'aide du GIP ou aux Embiez avec l'aide du Centre Océanographique Paul Ricard.
Ce travail est fait pour protéger au mieux nos écosystèmes côtiers et participer à leur gestion en s'impliquant concrètement dans des missions dont la réussite dépend directement de la mobilisation du plus grand nombre. Si vous souhaitez nous aider dans cette démarche, contactez nous ici ou sur notre forum.
Bilan d'action 2007.
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