Création du collectif
"Le Peuple des Dunes en Trégor" (22)
Le
7 Janvier 2012, 31 associations se sont rendues à la Maison
de la Mer à Trébeurden pour créer le collectif «Le Peuple des
Dunes en Trégor ». Objectif :s’opposer au projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion en raison des impacts particulièrement néfastes attendus sur l’environnement et sur l'emploi.
La FCSMP s'est rapprochée du collectif pour lui manifester son soutien et celui des pêcheurs sous-marins qui se sentent concernés par ses actions..
Historique
Fin 2009, la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN), filiale du
groupe Roullier, a déposé une demande de concession minière en baie de
Lannion. Ce projet consiste à extraire 400 000 m3 de sable coquillier
par an sur une période de 20 ans, soit au total 8 millions de m3, d’une
dune sous-marine située à la « pointe de Lannion » à moins d’un
kilomètre de deux zones classées Natura 2000. Ce sable riche en calcaire
serait destiné à la production de fertilisants agricoles.
Début 2011, après enquête publique et malgré l’opposition des maires
des 13 communes concernées ainsi que celle de nombreuses associations
environnementales, la demande a obtenu un avis favorable de la part du
commissaire enquêteur (préfecture du Finistère). Depuis le 15 mai 2011, le dossier est sur le bureau du ministère de
l’écologie pour accorder ou non le permis minier qui sera suivi d’un
arrêté préfectoral en cas d’accord.
Les risques
Les conséquences d’un tel
projet seraient catastrophiques pour l’environnement. La zone concernée
est actuellement un lieu où se développent des lançons, base de la
nourriture d'oiseaux marins et de poissons tels que le lieu jaune, le
bar, le turbot. Le nuage turbide engendré par l’extraction (plusieurs m3 de particules
mises en suspension pour un m3 de sable prélevé) perturbera les poissons
et les crustacés. Les particules finiront par retomber aux alentours au
gré des courants, étouffant les organismes peuplant les fonds marins.
Ces derniers ressembleront alors à des sols lunaires.
La nuisance sonore autour de la zone d’extraction finira par faire fuir les derniers poissons. L’extraction
aura une incidence sur la propagation de la houle : sans la barrière
naturelle formée par cette dune sous-marine, les prochaines tempêtes
engendreront plus de dégâts qu’en mars 2008. De plus, la nature ayant
horreur du vide, le trait de côte risque de s’en trouver modifié et les
plages risquent de disparaitre.
En ce qui concerne l’emploi, le tableau n’est pas plus réjouissant. Côté
pêche professionnelle, les palangriers utilisent le lançon comme appât
pour pêcher des poissons nobles (bars, turbots). Sans cette ressource,
c’est leur profession qui est mise en danger. L’exploitation du gisement de coquilles St Jacques de Perros et la
conchyliculture locale sont également menacées. En effet le brassage
des fonds marins peut mettre en suspension des algues microscopiques
produisant des toxines rendant impropres à la consommation les
mollusques filtreurs (coquilles St Jacques, huitres, moules). C’est ce
qui s’est passé de façon naturelle en Charente-Maritime avec le passage
de la tempête Xynthia. Tous les professionnels dépendant du tourisme et de la mer pâtiront de l’extraction de sable.
Comment agir ?
Nous
vous invitons à en apprendre plus sur le projet et sur la démarche du
collectif « Peuple des dunes en Trégor » qui vient de se former pour
lutter contre ce désastre annoncé.
Un rassemblement de toutes les personnes concernées (vous ?) est prévu sur la plage de Trébeurden le 13 Mai 2012.