Depuis notre intégration dans la démarche de concertation qui accompagne le projet de Parc Naturel Marin (PNM) dans le Pertuis Charentais, une dizaine de réunions ont déjà réuni les différents groupes de travail.
FCSMP, FFESSM et FNPSA ont décidé de collaborer afin de représenter et défendre la pêche sous-marine le plus efficacement possible dans ce projet.
Luc Lelaidier vous présente dans cet article la synthèse et les premiers résultats de ce travail.
La première réunion de présentation du futur parc par les
autorités de l'Etat le 16 octobre 2009
nous a permis de rencontrer Patrice Blaise, Président du Comité Régional Olympique et Sportif du
Poitou Charente, Président du CODEPESSM17 (Comité Départemental d'Etudes et de
Sports Sous Marins de Charente Maritime) et Président du CNR (Conseil Nautique
Régional du Poitou Charente).
Benoît Gouilleux, représentant FNPSA en Gironde, s'est
présenté à nous pour tenter d'intégrer les groupes de travail. Après lui avoir
exposé nos démarches, notre position et notre discours clair deloisir, il s'est montré intéressé pour
défendre notre sport dans la même optique.
Nous lui avons donc permis, avec l'aval du chef de la
mission d'étude du PNM, de se joindre à nous sous la même bannière pour
assister aux réunions ayant lieu à Blaye pour la zone sud, tout en restant en
liaison permanente pour échanger nos comptes rendus et impressions sur nos
réunions respectives.
Nous avons donc participé aux réunions qui se sont déroulées
soit à La Rochelle soit à Rochefort pour la partie Nord du parc (Pertuis
Charentais et au Large), et c'est donc Benoît qui a participé à celles se
déroulant à Blaye pour la partie Sud (Estuaire de la Gironde), avec une ligne
de conduite commune dans l'intérêt de notre loisir.
La première de ces réunions s'est déroulée le 20 octobre
à La Rochelle pour "lancer"
officiellement le début des travaux, en annoncer le calendrier prévisionnel et
présenter la zone d'étude.
Mr François COLAS, de l'Agence des Aires Marines
Protégées, chef de la mission et
organisateur de toutes les réunions, accompagné de ses deux assistants, Tiphaine
RIVIERE pour la partie "Nord" et Guillaume PAQUIGNON pour la partie
"Sud", nous ont exposé les objectifs principaux de la concertation
entre tous les représentants des usagers de la vie maritime au sein du futur
parc : faire un état des lieux et faire des propositions d'orientations comme
la protection des milieux et des espèces, en accord avec les usages existants
qui doivent se coordonner.
En clair, tous les travaux effectués devront aboutir à la
rédaction d'un état des lieux scientifique et socio-économique avec la
réalisation d'un diagnostic partagé par tous.
Les différents thèmes proposés et abordés à ce jour ont été
:
-L'Avifaune, la ressource halieutique
- Pêche Professionnelle et
Pêche de Loisir
- Ecosystèmes et
Fonctionnalités
- Aquaculture
- Ressources Abiotiques
- Sports, Loisirs en mer, Nautisme
- Mammifères, Reptiles, Poissons Migrateurs
- Qualité de l'eau
Toutes ces réunions ont été ponctuées par les présentations
des usages et des activités ainsi que par les exposés de l'état des lieux
réalisés par des scientifiques et professeurs d'universités.
Ces présentations ont été suivies par des débats afin que
chacun puisse apporter son vécu et son ressenti.
A ce jour, l'impression générale est encore très floue sur
l'utilité de ces débats : nous sommes "tous" conscients des enjeux
importants et la nécessité de la création de ce parc pour l'environnement. Mais
le doute a été formulé à plusieurs reprises, notamment par les pêcheurs pros
sur la transparence de cette "concertation entre les différents acteurs de
la vie maritime".
En effet, ceux ci se sentent particulièrement visés car il
est question "d'adapter" leurs moyens de pêche pour mieux préserver
la ressource et les habitats, sans parler des quotas sur lesquels scientifiques
et pêcheurs pros ne sont pas toujours en accord....
Beaucoup pensent que les grandes lignes de la future
règlementation ont déjà été écrites... et cet état d'esprit est renforcé par le
fait que le seul parc naturel marin en activité aujourd'hui (Iroise) peut
servir de référence ....
Les premiers débats
furent donc lents à être
véritablement lancés.
Mais même si cela semble contradictoire par le fait que
certains s'enferment dans leur mutisme de peur de trop en dire sur leur
activité, ce ressenti fait le jeu des organisateurs car d'autres, se sentant
déjà en "danger", commencent à se découvrir en exposant leurs
craintes et leurs attentes, permettant au chef de la mission de les jauger et
d'orienter les débats.
Notre propre retour d'expérience après ces 10 réunions est
que notre activité a été bien accueillie par l'assistance, notamment depuis le
19 Novembre lors de la présentation de Patrick ainsi que par l'Agence des Aires
Marines Protégées, organisatrice des débats.
Pour preuve, voici un extrait de la synthèse de la réunion
du 19.11.09 rédigée par la mission
d'étude :
70.
Séance « Pêche de loisir »
71.
La pratique de la pêche à pied de loisir
peut avoir des impacts directement
par prélèvements mais aussi indirectement par piétinement, retournement des
roches, etc. Le milieu a cependant une capacité
de reconquête importante, surtout pour les espèces à faible durée de vie
(exemple de la coque à croissance rapide). Les programmes de communication et d'information auprès des pratiquants
semblent porter leurs efforts avec une diminution des pratiques les plus
néfastes à l'environnement.
72.
La pêche sportive (compétition) ne
semble pas impacter la ressource puisque tout est mis en place pour limiter le
nombre de captures effectives (remise à l'eau).
73.
La pêche récréative de poissons (du
bord, surfcasting, embarquée, sous-marine) cible les mêmes espèces que la pêche
professionnelle. La question de l'impact
de ce prélèvement sur la ressource est posée pour certaines espèces (bar,
maigre...). La pêche sous-marine paraît exclue de cette constatation :
prélèvement d'individus de grande taille, quantité limitée par l'effort demandé
par l'apnée...
74.
Les acteurs de la pêche récréative
de poissons (hors pêche sous-marine) ne sont que peu ou pas représenté dans des associations sportives ou de loisir.
Il y a donc des difficultés de contingentement, d'information, de
sensibilisation et d'éducation. Le permis pour la pêche récréative ne paraît
pas adapté (volonté d'une pratique libre, de loisir, accessible à tous,...) mais
un renforcement de l'information et des
contrôles pour faire respecter la réglementation déjà en vigueur pourrait
suffire à faire diminuer les pratiques abusives (respect des tailles et des
quantités).
75.
La revente illégale des produits
issus de la pêche récréative (surtout pour les poissons) est le conflit majeur avec la pêche
professionnelle. Il est proposé de différencier obligatoirement les produits
issus de cette pêche (couper la queue, vider les poissons) pour faciliter le
contrôle de ces ventes illicites.
Nous avons insisté sur notre rôle de sentinelles et
d'observateurs privilégiés du monde sous marin, collectant de multiples
informations sur l'état de santé du milieu, ces données pouvant être reprises
par les organismes officiels effectuant des recherches avec lesquels nous
proposons de nous associer.
Notre loisir ne semble pas en danger dans le futur parc
naturel marin, pour l'instant, mais nous resterons vigilants en continuant de
montrer notre motivation et l'importance de notre contribution pour
l'observation et la défense de l'environnement.
Les réunions de ce type (présentations-débats) vont
continuer à se dérouler jusqu'en début février car les thèmes suivants n'ont
pas encore été abordés :
-Sol et sous sol : usages et intéractions avec
les habitats
-Transport maritime, développement portuaire et
industries
-Pêche et conchyliculture
-Trait de côte, érosion, urbanisme
Puis une trêve sera nécessaire pour la rédaction de la
synthèse des synthèses de toutes les réunions par la mission d'étude et pour la
préparation de la représentativité des membres du comité de concertation.
Les travaux des groupes 1
"Patrimoine Naturel" et 2 "Usages" ne sont pas
encore terminés mais les résultats du groupe
3 "gouvernance" commencent à
être annoncés par le chef de mission.
Il s'agit du conseil de gestion qui aura autorité sur les
décisions règlementaires à prendre lors de la mise en place du futur parc
naturel marin ainsi que lors de son fonctionnement....