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26/01/09 : Avant-projet Parc National des Calanques : Avis FCSMP

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26-01-2009
 
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26/01/09 : Avant-projet Parc National des Calanques : Avis FCSMP
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MENACES ENJEUX PROPOSITIONS

Sélectivité de la pêche sous-marine

« l’impact des prélèvements par la chasse sous-marine sur la structure démographique des populations de poissons cibles (espèces de grandes tailles avec un choix systématique des individus les plus gros et donc les plus féconds) »

Le paragraphe (page 13) dont est extrait ce texte est confus, tout comme le principe halieutique de la taille idéale de prélèvement. Il nous semble qu’il existe en effet une maille en dessous de laquelle tout prélèvement a une incidence lourde et irréversible sur la structure et le maintien d’un peuplement donné. La FCSMP prône la diffusion la plus large possible des mailles biologiques et leur respect. Il existe pourtant de nombreux modes de prélèvements visant systématiquement des individus sous maillés. Ces pratiques sont particulièrement redoutables pour le maintien des populations.

L’avant-projet note bien que la sélectivité de la pêche sous-marine l’oriente vers le prélèvement de gros individus, ce qui semble, au regard du principe ci-dessus, plutôt positif. Que ceux-ci soient les plus féconds est certain. Pourtant il paraît évident que 10 individus portant chacun 10 oeufs, représentent un potentiel de reproduction plus important qu’un seul avec 100 oeufs, puisque les probabilités de fécondation seront 10 fois plus nombreuses. Le choix de l’individu le plus gros n’est donc pas le plus préjudiciable pour la pérennité de l’espèce ; exception faite des espèces hermaphrodites, nombreuses et pour lesquelles FCSMP souhaiterait disposer de recommandations visant à maintenir un sex ratio satisfaisant, par application d’une maille « haute » par exemple. L’assistance du futur Parc pour la détermination de ces mailles constituerait une excellente opportunité de collaboration.

Par ailleurs, la taille des captures est souvent proportionnelle à leur difficulté d’approche, ce qui diminue d’autant certaines affirmations faciles sur la capacité du pêcheur sousmarin à prélever « systématiquement » de gros individus. La très difficile pêche sous-marine du Denti (dentex dentex) en est une parfaite illustration. Là encore, il existe des modes de prélèvement bien plus efficaces pour ces cibles (telles que les palangres) et ils ne sont pas évoqués dans cet avant-projet.

« Une pression de chasse importante peut également modifier le comportement des espèces cibles : augmentation de la distance de fuite (poissons plus farouches), migration vers des profondeurs plus importantes, déplacements des lieux de frai habituels, etc. »

Cette remarque en appelle deux de notre part. Tout d’abord, il nous semble que le sujet du dérangement du poisson n’est actuellement pas ou peu connu. Il est vraisemblable que la pêche sous-marine y participe comme vous l’indiquez. Ce n’est en revanche absolument pas la seule activité en cause, ainsi que vous le signalez : trafic maritime, plongée bouteille, essais militaires en mer, pêches diverses contribuent plus ou moins à la dispersion de la vie marine ou à son stress. FCSMP serait vivement intéressée pour élaborer un protocole d’étude éthologique sur ce sujet, en exploitant également les différences de comportement observées dans les zones en protection intégrale.

Par ailleurs, il y a peut être lieu de reconsidérer ce que doit être le comportement de référence des espèces, suivant que l’on considère une AMP comme un lieu dont toute forme de prédation par l’Homme est exclue, ou bien comme un espace de confrontation où l’Homme assume pleinement son intrusion et son lien alimentaire avec les ressources marines. Enfin il convient de se demander si le changement de comportement éventuel a un impact quelconque sur les effectifs de la population en question.

Cela étant, il n’est pas question de réduire ce sujet à des aspects philosophiques, et à titre d’exemple FCSMP conduit actuellement une réflexion sur la prise en compte des périodes de frai, au travers de recommandations à l’endroit des pratiquants, visant notamment à limiter le dérangement des rassemblements.

« Une forte activité de braconnage en chasse sous-marine avec revente pourrait avoir aussi, même s’il est difficile à estimer, un impact important sur la ressource, car à dire d’expert le prélèvement illicite serait comparable voire supérieur à celui de la pêche professionnelle. » (page 14)

Bien que le braconnage en pêche sous-marine ne puisse être assimilé à la pêche sous-marine, nous croyons utile de souligner le caractère absolument farfelu de cette affirmation, car aucune technique de pêche sous-marine, si illégale soit-elle, ne peut concurrencer la pêche professionnelle. Le braconnage concerne en effet de nombreux modes de prélèvements professionnels ou récréatifs. En tout état de cause le problème est le braconnage pas la pêche sous marine !

FCSMP soutient la demande expressément formulée par le GIP pour disposer de moyens permettant un véritable contrôle du respect de la réglementation. Pour nous, assurer le respect des réglementations existantes (déjà nombreuses et souvent pertinentes) n’est pas un minimum : il s’agit du principal axe de préservation des sites et de leur richesse.

Page 15 : Le Mérou

Cette espèce emblématique est en effet signalée en nombre par nos adhérents, notamment aux Impériaux. Ils confirment leur comportement méfiant vis-à-vis de l’Homme, ce qui nous paraît heureux dans le cadre de la menace que vous annoncez. Pour établir de façon factuelle l’existence d’un braconnage affirmé sans aucun fondement (et qui, une fois de plus, tend à stigmatiser un seul usage), nous proposons de mettre en oeuvre les comptages classiquement conduits sous la houlette du Groupement d’Etudes du Merou, sur des sites très fréquentés ainsi que sur des sites plus confidentiels. Même si une évolution à la baisse ne traduirait pas nécessairement une activité de braconnage, elle donnerait au moins des pistes de gestion claires (suivi d’individus par photo par exemple).

Le Corb

La question d’un moratoire est régulièrement évoquée par le GIP. Nos adhérents signalent pourtant une recrudescence de juvéniles dans la région marseillaise. Il est à noter que parmi nos adhérents certains fréquentent la zone des calanques depuis plusieurs générations et les témoignages des anciens pêcheurs sont unanimes sur le fait que cette espèce n’y a jamais été abondante. Nous pensons que le Corb bénéficie, comme nombre d’autres espèces (bécunes, dentis, sars tambours, mérous) d’une modification des conditions environnementales, telles que le réchauffement et la diminution de la pollution. Cette tendance suit d’ailleurs le sens du courant Liguro Provençal, les espèces devenant plus abondantes progressivement jusqu’à la Côte Bleue.

Il y aurait donc une opportunité à engager plusieurs mesures face à cette occasion de voir réapparaître cette espèce sur notre littoral, sans mettre en place un moratoire dans la précipitation (éléments de diagnostic très insuffisants) : inventaire, suivi des populations, suivi des captures éventuelles, limitation des prélèvements, maille biologique, sensibilisation.

Le loup

Le frai du loup a été également évoqué à plusieurs reprises, cette espèce faisant l’objet d’une inquiétude vis-à-vis d’un prélèvement excessif en hiver. De nouveau, nous invitons le gestionnaire à prendre du recul sur la dynamique de cette espèce.

Le loup est un migrateur, et ses cycles sont assez bien connus des pêcheurs locaux. Après une période de vie au large ou dans les plus proches étangs, ce poisson se rapproche des côtes à l’automne pour se nourrir en prévision du frai. Lors de ce premier déplacement, l’espèce fait l’objet de prélèvements très importants, en particulier lorsqu’elle quitte les étangs. Son trajet est alors contraint par la voie de connexion à l’espace marin (canaux et graus) et il est alors aisé de multiplier les rencontres ou les prises pour les pêcheurs à la ligne ou au filet. FCSMP ne regrette pas que la pêche sous-marine soit interdite dans ces passages, elle regrette que seule la pêche sous-marine soit visée…

Après s’être nourris, les poissons se regroupent en « compagnes » au large puis se dirigent vers les lieux de frai. C’est lors de ces déplacements en banc parfois considérables que les loups sont ciblés par les professionnels. A cette époque, des prises de l’ordre de la tonne sont régulièrement effectuées.

Ils partirent 500 000, et par un prompt renfort, ils se virent 400 000 en arrivant au port… de Saumaty. Une visite sur les marchés Marseillais aux environs de Noël est édifiante quant aux nombres de femelles grainées de très grande taille (> 10kg) qui sont alors prélevées. A titre de comparaison une évaluation des prises faites par plusieurs dizaines de pêcheurs sous marins pour la plupart expérimentés de notre association révèle des prises de quelques dizaines d’individus au plus dont la taille est très inférieure (de 2 à 6-7 kg exceptionnellement).

Une fois rendus sur les sites de reproduction, de petits groupes se détachent des gros rassemblements pour circuler sans fin d’île en île. Les pêcheurs sous-marins, placés sur ces parcours côtiers, peuvent alors prélever quelques spécimens lors de ces circuits. Les plus expérimentés savent reconnaître les femelles et évitent de les prendre, ils parviennent également à subtiliser quelques individus à l’orée de frayères sans pour autant disperser le groupe qui poursuit son rituel.

Il est donc possible de mieux gérer cette pêche spécifique et traditionnelle pour les pêcheurs sousmarins, et les représentants de la FCSMP vous feront des propositions en ce sens, par souci d’engagement pour une pêche durable de chaque acteur.

Mais il apparaît qu’une analyse complète et fine du cycle de vie de cette espèce, et des prélèvements qu’elle subit, montre que des pistes de gestion bien plus puissantes existent. L’enjeu pour le futur Parc National sera bien, de notre point de vue, d’engager ce type de réflexions et d’actions pour une gestion durable et partagée de la ressource.

Dans ce sens des études d'écologie fonctionnelle et des autres sources de dégradation des milieux et des peuplements (qualité de l'eau, dégradation d'habitats, etc.) devraient aussi permettre l'émergence de projets de restauration et de valorisation performants de l'environnement marin.






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