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Le 23 mars 2010 s’est déroulée à Rochefort une réunion PNM portant sur les pêches récréatives le matin et sur les usages récréatifs l’après-midi.
Comme à l'accoutumée, Luc Lelaidier était présent et vous livre dans cet article son compte rendu.
I. Compte rendu réunion pêche récréatives
La mission d’étude et l’Agence des aires marines protégées ayant souhaité réaliser avec l’aide de l’Université de La Rochelle, le CNRS et IODDE une étude sur les pêches récréatives dans le secteur Pertuis-Gironde, nous a réuni pour nous informer des objectifs de cette étude, recueillir nos commentaires et étudier avec nous l’implication de nos structures dans cette démarche.
Pour cette occasion, j’ai demandé à Olivier Journaux, guide de pêche et "ancien" chasseur sous-marin, de m’accompagner pour qu’il apporte son expérience et ses observations sur l’état des "stocks" de poissons au cours de cette réunion.Je le retrouve donc devant les locaux de Rochefort, ainsi que Benoît Gouilleux de la Fnpsa.
La réunion débute par un tour de table de présentation des différentes personnes puis Mathieu Vaslet nous expose l’étude sur la pêche récréative du bar portant sur l’ensemble du futur parc naturel marin, allant des Sables d’Olonne au bec d’Ambès.
Ne pouvant être présent sur toutes les zones, il a sélectionné les spots les plus réputés : les Sables d’Olonne, les îles de Ré, d’Oléron et d’Aix, le Verdon et le Bec d’Ambès. Cette étude, d’une durée de 6 mois environ, est axée sur les prélèvements du bar mais aussi du maigre, avec possibilité de l’étendre sur deux autres espèces souvent prélevées qui reste à déterminer (la sole et la dorade grise ont été proposées).
Les représentants des pêcheurs récréatifs au carrelet des côtes de la Charente maritime et de l’estuaire de la Gironde interviennent car ils ne sont pas très "concernés" par cette étude, ne prélevant pratiquement jamais de bars, alors qu’ils remontent parfois des mulets, et demandent ainsi s’il est possible d’inclure cette espèce dans l’étude.
Le principe de cette étude réside dans la collecte des informations par le biais d’un questionnaire diffusé le plus largement possible (associations, magasins de pêche ou de sport...) pour recruter un maximum de volontaires parmi les pêcheurs récréatifs. Ceux qui y répondront se verront attribuer un "carnet de prélèvement" qu’ils devront remplir après chaque sortie en reportant toutes les informations demandées dans les différentes rubriques (date, lieu de pêche approximatif, du bord ou en bateau – durée trajet bateau-, durée de la pêche, technique de pêche - canne ou filet ou ligne ou fusil de chasse sous marine-, nature du fond, espèces capturées et conservées, poids total des prises conservées).
Tous les carnets seront ensuite collectés début décembre 2010 afin qu’une synthèse soit rédigée et présentée à la mission fin janvier 2011, qui la diffusera publiquement.
Mathieu Vaslet nous indique que cette étude est difficile à mettre en place car il existe déjà deux autres études similaires qui sont actuellement en cours (IFREMER -Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer- et l’AGLIA -Association du Grand Littoral Atlantique rassemblant les conseils régionaux, les professionnels de la pêche et des cultures marines des quatre régions de la façade Atlantique-).
Une personne de l’AGLIA faisant partie de l’assemblée propose que les trois responsables de ces études se rencontrent pour s’organiser et ne pas "empiéter" sur les études de chacun qui, au lieu de réussir à recruter de nombreux volontaires, auront un effet inverse, risquant ainsi de troubler les bonnes volontés qui ne sauront plus à quel saint se vouer !
L’assemblée apporte son soutien et son approbation pour cette étude et confirme qu’un accord entre la mission Pertuis-Gironde, l’Ifremer et l’Aglia est primordiale pour arriver à recruter un maximum de pêcheurs et ainsi obtenir une synthèse la plus précise possible sur les prélèvements au sein du futur parc marin.
A ma demande, Mathieu Vaslet me confirme avoir pris connaissance du carnet de prélèvement déjà opérationnel de notre association (en ligne sur notre site) et rebondit en demandant à chaque responsable d’association présent autour de la table de collecter les informations pour les lui remettre en temps voulu. En clair, notre carnet de prélèvement ne lui servira pas directement mais pourra nous "faciliter" le travail....
Concernant l’implication de chacun dans cette étude, tous les participants étant responsables d’associations ont répondu favorablement à cette demande.
Ayant fait le "tour" de cette étude, nous en venons inévitablement à parler de l’état des stocks de poissons et Olivier Journaux, en tant que guide de pêche reconnu, indique que depuis plusieurs années, il a constaté que les prélèvements de bars, poisson recherché par ses "clients", diminuent de moitié chaque année.
D’après lui, si aucune mesure n’est prise rapidement, nous ne verrons plus ou très peu de bar avant deux ans, notamment en côte.
Une mesure importante serait de stopper les chalutages sur les frayères à bars, pratique exercée depuis des années par les pêcheurs pros, détruisant ainsi les reproducteurs en masse et faisant chuter le cours du bar à cette époque de l’année, et donc le dévalorisant.
De plus, bien souvent le résultat de ces prélèvements abusifs est d’en jeter une bonne partie car le marché n’est pas capable d’absorber la totalité des poissons débarqués.
Une autre solution serait de supprimer simplement "le prix de retrait" utilisé pour "indemniser" au prix minimum les pêcheurs, ce qui aurait pour effet de limiter les prélèvements afin de les ajuster au marché.
Une personne représentant l’AGLIA s’insurge en mentionnant que les prélèvements effectués par les pros sont aussi importants que ceux des pêcheurs récréatifs, ce que l’assemblée réfute tout en accordant que la pression exercée par les pêcheurs récréatifs ne peut être négligée du fait du nombre de pratiquants. Je rappelle que les études réalisées par l’Ifremer sur notre activité font apparaître une part très faible de nos prélèvements dans le total des prélèvements effectués par l’ensemble des pêcheurs récréatifs.
Guillaume Paquignon et Tiphaine Rivière de la mission prennent des notes pour établir une synthèse des commentaires de chacun et concluent à la fin de la réunion du matin.
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