Rencontre du 23/03/2011 avec Mme ROUDAUT LAFON (DDAM 06)
Suite à notre rencontre avec Monsieur SELLIER, nous avons sollicité un entretien auprès de l'administrateur en charge de la mer et du littoral des Alpes-Maritimes afin d'évoqer les sujets liés à la gestion de nos pratiques en mer :
-
règlementations et bonnes pratiques,
- déclinaison
locale de la charte d'engagement,
- gestion concertée de la ressource et des usages,
- point Natura 2000 en mer sur le département.
Vous trouverez dans cet article le compte-rendu de cette rencontre.
La délégation était composée de Pascal Mathieu, président FCSMP, de Mohamed
Oualdi président de l'ASPTT Nice, club FNSPA adhérent FCSMP en tant que personne morale et de
Frédéric Flora, représentant local de l'association.
Nous avons été reçus par Madame Roudaut Lafon, directeur adjoint des territoires et de la mer délégué à la mer et au
littoral des Alpes-Maritimes (ex-directeur des affaires maritimes du 06)
de 14h30 à 16h40.
Les premiers contacts avec Mme l'administrateur sont à la hauteur de nos
espérances : la discussion est franche et décontractée.
Présentations
Une rapide présentation de notre association est faite à Mme Roudaut Lafon par
Pascal Mathieu rappelant son rôle et son
action (valorisation image de la pratique information et responsabilisation des
pratiquants, représentation institutionnelle et défense de l'usage, protection
environnement). Mohamed Oualdi complète cette introduction en rappelant le rôle
important joué par les clubs de chasse sous-marine, la synergie du
rapprochement entre la dimension
militante de FCSMP et celle, formatrice des clubs, assurant un relais
d'information complémentaire entre les pratiquants de tous horizons et
l'administration. Madame Roudaut Lafon en profite pour nous présenter la
plaquette d'information à l'attention des chasseurs sous-marins éditée par la DDTM
06 Affaires Maritimes du 06. La possibilité d'une collaboration est
envisagée pour la prochaine édition !!
Au fil des échanges qui sont restés
informels tout au long de l'entretien,
les divers sujets que nous souhaitions évoquer ont été abordés de façon très
spontanée.
Charte d'engagement et d’objectifs pour une pêche de loisir maritime éco-responsable
Les échanges qui ont eu lieu sur le
thème de la Charte d'engagement et son chantier règlementaire, ont permis de
faire le tour des évolutions à venir pour la règlementation de la chasse
sous-marine et de mettre en avant le fait que la chasse sous-marine soit enfin
prise en compte comme un usage de pêche loisir comme les autres : déclaration
gratuite et obligatoire de pratique pour tous, marquage des prises, gestion de
la ressource ...
Comme le suggère l'article 2 de la
charte d'engagement, Mme Roudaut Lafon
est favorable à la création d'un comité
local pêche pro/plaisance (départemental ou interdépartemental 83 et 06)
qui aurait pour but d'établir une concertation entre usagers et administration
avant toute évolution réglementaire locale, qu'il s'agisse de gestion des
usages ou de gestion de la ressource. Elle souligne qu'une telle concertation
entre les différents acteurs ne pourrait qu'améliorer la compréhension des
décisions et apaiser les tensions ou conflits d'usages qui peuvent accompagner
les dossiers sensibles.
L'interdiction hivernale spécifique aux Alpes-Maritimes
La question de l'interdiction de chasse
hivernale spécifique au 06 a naturellement découlé de ce sujet. Mme Roudaut Lafon
a
été très attentive aux nombreux arguments que nous avons su développer
concernant cette interdiction :
- Sous couvert de préservation de la ressource, nous savons
tous pertinemment que cette restriction ne résulte d'aucune réflexion sur
l‘état de la ressource et ses besoins et ne répond non plus à aucune logique de
gestion.
- Cette interdiction n'est pertinente en aucune manière :
seul l'usage le moins impactant est concerné, la période définie ne correspond
à rien du point de vue de la biologie des populations et des écosystèmes comme
de celui de la pression exercée par la csm en hiver.
- D'un point de vue pratique de nombreux chasseur ne
pouvant pratiquer les week-ends sont pénalisés, tout comme les bénévoles
encadrants des clubs qui sont obligés de consacrer de façon systématique leur
week-end à la formation.
- Sur le principe, cet arrêté stigmatise un usage par
rapport aux autres et même les citoyens d'un département par rapport au reste
du pays.
- Enfin, comme dit plus haut, la chasse sous-marine est
aujourd'hui placée sur un pied d'égalité avec les autres types de pêche dans la
plupart des réflexions en cours et soumise aux même problématiques de
prélèvement. Si des aménagements spécifiques doivent avoir lieu, il semble
logique que cela se fera dans un cadre concertatif.
Nous concluons donc, au regard de la logique de cohérence
et de concertation qui prévaut aujourd'hui, associée à la prise en compte des
futures évolutions règlementaires qui concerneront tous les usages de pêche
récréative, que cet arrêté mérite plus aujourd'hui que jamais d'être remis en
cause.
Madame Roudaut Lafon reconnait le bien
fondé de ceux-ci. Elle nous explique que la décision ne relève pas de son
autorité mais de celle du ministère
en charge de la pêche . Elle nous propose donc que dans un premier temps,
le thème soit à l'ordre du jour de la première réunion du futur
« comité local pêche professionnelle / plaisance ». Avant l'hiver
prochain, ses conclusions pourraient
être transmises à la direction des pêches maritimes et de l'aquaculture au
ministère de l'agriculture et de la pêche.
Le braconnage
Les sujets sensibles étant au centre de
la discussion, nous abordons les problématiques liées du braconnage et de la
vente illicite des poissons issus de la pêche récréative. L'ensemble des
interlocuteurs est d'accord sur le fait que ce type d'activités qui il faut le
dire restent isolées, gangrènent nos usages et ternissent leur image, ils
dégradent les relations avec les pêcheurs pros et doivent être combattus
sévèrement. Le marquage obligatoire des prises « nobles » qui devrait
être effectif avant l'été renforcera leur traçabilité.
En adéquation avec l'article 3 de la charte d'engagement, nous convenons
qu'effectivement un renforcement des sanctions est nécessaire pour dissuader
non seulement les braconniers mais également les recéleurs. Enfin
l'établissement d'une convention partenariale comme il en existe déjà dans le
département du 22 , entre les parties concernées, l'administration
et le procureur de la république est une possibilité envisageable qui
permettrait aux signataires de se porter partie civile et d'accélérer les
procédures dans le traitement de ce type d'infraction. Autant de sujets qui
valident l'intérêt de réunir notre futur « comité local pêche
professionnelle / plaisance » !
Une date devrait donc être fixée très rapidement afin de rassembler les
différents acteurs autour de la table et d'engager le processus de
concertation.
Sécurité des chasseurs sous-marins
Comme
lors de notre rencontre avec Monsieur Sellier Directeur de la DDTM 83 DDAM 83, nous avons réitéré
nos revendications sur un sujet qui nous tient à cœur : la protection des
chasseurs sous-marins par les bouées et pavillons réglementaires.
Mme Roudaut Lafon est consciente du problème et reconnait qu'il existe un réel danger. Elle
nous fait savoir que la réglementation telle qu'elle est rédigée et appliquée
en Atlantique, mer du Nord et Manche (lien arrêtés) ne peut être selon la
Préfecture maritime transposée en l'état en Méditerranée.
Raisons invoquées : face à l'exigüité de la bande côtière fréquentée en
Méditerranée, l'application de l'interdiction de naviguer à moins de 100 mètres
d'une bouée arborant le pavillon CSM, rendrait de nombreux sites difficilement
navigables pour les autres usagers, voir complètement embouteillés. De ce fait,
le Préfet maritime de la zone méditerranéenne n'est peu enclin à valider une
telle application.
Nous insistons pourtant sur la nécessité de définir quand même une zone de protection du chasseur sous-marin en action de pêche afin d'éviter tout drame,
quitte alors à réduire la distance à 50 mètres.
Mme Roudaut Lafon, en accord avec notre préoccupation nous propose de
faire remonter notre demande auprès du Préfet maritime.
Si cet arrêté particulier, même revu à
la baisse en matière de sécurité, pouvait voir le jour, les forces de l'ordre
auraient alors enfin un texte leur permettant de relever des infractions à la
sécurité comme cela est déjà le cas pour les pratiquants chasseurs. Bien sûr,
nous ne serions pas pour autant en un clin d'œil à l'abri des "chauffards
des mers", mais l'on peut espérer que le monde la plaisance
sera de fait sensibilisé à notre sécurité par la mise en application rapide des
forces de l'ordre qui se trouvent pour l'instant démunies de textes
réglementaires pour agir.
En attendant Mohamed Oualdi fait part de
son intention de lancer une campagne d'information sous forme de tracts
adressés aux plaisanciers selon divers réseau de diffusion, campagne pour
laquelle il espère le soutien des affaires maritimes. Il est convenu qu'une
fois réalisée, la maquette du projet soit transmise à Mme Roudaut Lafon.
Natura 2000
Le dernier thème abordé est celui de
Natura 2000 en mer qui dans le 06 concerne 3 sites rassemblant la plupart des
côtes rocheuses du département : sites du Cap Antibes, îles de
Lérins site du Cap Ferrat et enfin site du Cap Martin (liens fiches
N2000).
Madame Roudaut Lafon convient que le
projet se développe dans le 06 lentement
mais progressivement.
La
discussion s'est plus attardée sur les aspects formels de mise en place que sur
les sujets de fonds concernant les futures mesures de gestion qui peuvent
inquiéter les usagers sur le maintien de leurs usages. Par expérience, nous
connaissons maintenant assez bien le réseau Natura 2000 et les concertations
qui l'accompagnent, et hors cas d'exception comme le site de Porquerolles géré
par le Parc National de Port Cros, nous savons que la mise en place de ces
aires marines protégées n'ont pas pour but de stigmatiser les usages, mais
plutôt de faire évoluer les mentalités de ceux qui les pratiquent....
Actuellement on connait l'opérateur du premier site du Cap
d'Antibes - mairie d'Antibes - qui a publié son calendrier de mise en œuvre de
l'animation du docob : les réunion des groupes de travail débuteront normalement en avril . Un GT pêche
pro/loisir auquel nous participerons est prévu (lire l'article lié sur le site FCSMP)
En ce qui concerne le
site de Cap Martin , Madame Roudaut Lafon nous confirme que la communauté
d'agglomération de la Riviera Française seul postulant pour devenir opérateur
du site sera désigné en tant que tel et démarrera bientôt la concertation.
Le
site du Cap Ferrat n'a toujours pas trouvé de candidat et demeure, en attendant
« preneur », en
status quo !
Conclusion
La longueur étonnante de ce compte rendu témoigne de la richesse
des échanges qui ont animé cette rencontre. Madame Roudaut Lafon a témoigné
d'un réel intérêt pour notre pratique et la vision que nous nous en faisons.
Elle a pris en compte avec sincérité nos préoccupations, nous permettant ainsi,
d'émettre de sérieux espoirs pour
l'avenir de notre passion dans le département sous son autorité.
Frédéric Flora / Mohamed Oualdi / Pascal Mathieu
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